Catharisme d'aujourd'hui Informations et échanges sur le christianisme cathare de ses origines à nos jours

Communauté de vie cathare

J’ai publié plusieurs documents ces dernières années sur ce sujet, mais il me semble utile de les regrouper et d’en faire une synthèse qui tienne compte des évolutions des uns et des autres sur ce point.
Tout d’abord il est clair qu’une communauté de vie cathare ne concerne que des personnes désireuses de s’y impliquer. Celles et ceux qui ne le souhaitent pas seront d’autant plus respectables dans leur choix qu’elles ne jugeront pas utile de critiquer le choix de celles qui le souhaitent.
Il est un moment où l’approche intellectuelle d’une problématique ne peut suffire à satisfaire ceux qui la pratiquent. C’est pourquoi nous réfléchissons à des projets susceptibles d’être réalisables et nous les adaptons dans ce but.

Éléments structuraux

Pour vivre en communauté il convient de se rapprocher les uns des autres et de trouver un lieu de vie adapté.
L’élément de base de l’installation d’une communauté physique est le terrain de son implantation. Nous verrons en détail quels sont les points à développer le concernant.
Ensuite il faudra réfléchir aux installations servant à abriter les membres de la communauté — qu’ils choisissent de vivre ensemble au quotidien ou de conserver un mode de vie plus mondain — et à celles servant aux éléments techniques nécessaires à la vie communautaire.
Enfin il conviendra de s’interroger sur les éléments annexes servant à accueillir des visiteurs, servant à produire des biens nécessaires au financement de la communauté, servant à assurer l’autonomie et à favoriser l’harmonie interne.

Concepts initiaux

Quels sont les concepts qui président à un tel projet ?

Une communauté physique pour qui ?

Je vois trois sortes de personnes susceptibles d’être intéressées par ce projet.

La première est celle des curieux qui ne manqueront pas de venir visiter, avec des approches et des intentions très variées, ce lieu forcément atypique puisqu’on leur répète à longueur de conférences et de livres que le catharisme est mort et enterré.
La deuxième est celle des croyants désireux de disposer d’un repère fixe pour venir retrouver d’autres croyants — faute d’avoir des bons-chrétiens disponibles — de façon ponctuelle et pour participer à l’occasion à des périodes plus longues d’immersion spirituelle que l’on pourrait qualifier de retraites.
La troisième est celle de croyants désireux de se lancer dans un apprentissage de la vie évangélique. Cette approche peut se concevoir à deux niveaux. Bien sûr il y aura celui que l’on pourrait comparer au noviciat des croyants médiévaux. Ceux-là vivraient à demeure sur place et y mèneraient une activité visant, soit à assurer leur subsistance, soit à aider la communauté s’ils ont d’autres revenus issus de leur travail antérieur. Mais on peut aussi envisager des croyants désireux de commencer leur cheminement vers le noviciat mais ne pouvant laisser des proches pour des raisons variées et légitimes. Ceux-là pourraient très bien s’installer à proximité de la maison cathare — pour autant que leur entourage accepte ce changement de vie — de façon à pouvoir participer plus régulièrement à la vie de la communauté de novices et de bons-chrétiens quand il y en aura.

On le voit les conditions de la vie moderne conduisent à envisager des solutions complémentaires à celle que nous livrent les documents disponibles.

Une communauté physique pour quoi faire ?

Nous avons déjà largement débattu de ce point. L’intérêt de la mise en place d’une communauté physique est multiple.
D’abord elle permet de concrétiser notre idéal spirituel de pouvoir un jour vivre pleinement notre foi en adossant la vie évangélique à la vie spirituelle.
Ensuite elle est le moyen le plus efficace, vraisemblablement, d’espérer voir émerger d’une de ces communautés physique, une ou plusieurs personnalités dont il sera possible de dire qu’elles ont reçu le baptême d’esprit. Ces personnalités deviendront alors les bons-chrétiens de leur communauté et relanceront le cycle des noviciats, des traditions de l’Oraison et des Consolamentum traditionnels sans oublier l’animation de la vie des bons croyants avec les Melhoramentum et les partages du pain.
Enfin, elle deviendra le point de rencontre des croyants venus nourrir leur foi de la prédication évangélique des bons-chrétiens et permettra d’accueillir aussi les futurs novices désireux d’avancer sur leur chemin spirituel.
Cette première communauté physique sera certainement aussi une tête de pont permettant la mise en place d’autres communautés, au fur et à mesure de l’émergence de bons-chrétiens susceptibles de les animer.

Une communauté physique mais où ?

Il y a deux critères susceptibles de guider notre choix.
Le plus important est d’ordre spirituel. Nous ne sommes pas du monde, mais nous sommes dans le monde. Jésus et ses disciples ne vivaient pas retirés du monde comme les esséniens et comme certaines communautés judéo-chrétiennes d’aujourd’hui. Ils vivaient au sein de la population de leur époque car le message évangélique n’est pas un message d’exclusion et qu’en outre il a une valeur exemplaire à proposer. C’est ainsi que l’avaient compris les cathares médiévaux et je ne vois pas de raison valable de remettre en cause ce point de vue.
Le second est d’ordre pratique. Une maison visant à rassembler une communauté éparse se doit d’être installée à proximité de la communauté qu’elle prétend fédérer. Certes, nos moyens de déplacement se sont améliorés et les temps de trajet se sont raccourcis, mais nous devons tenir compte de ces déplacements nécessaires et proposer un lieu adapté à un large rassemblement. La première maison devra certainement assurer un accueil communautaire très épars avant qu’il soit possible d’envisager d’en ouvrir une seconde.

Une communauté physique mais comment ?

S’agissant d’une implantation mondaine nous ne pourrons faire l’impasse sur des aspects très terre-à-terre.
Le premier sera de déterminer la nature du projet afin qu’il soit adapté aux particularismes évoqués plus haut.
Il faudra ensuite trouver un terrain adapté à ce projet, ou tout au moins, qui en satisfasse la majeure partie des critères.
Il faudra évaluer le coût du projet en séparant ce qui doit relever de professionnels rémunérés et ce qui peut être fait par ceux qui seront impliqués et dont le travail participera à la contribution globale.
Il faudra enfin trouver les moyens financiers de le réaliser et l’organisation matérielle nécessaire à sa pérennité.
Il faudra réaliser le projet et le faire vivre au quotidien.
Voilà, hâtivement jetées sur le papier quelques idées qui doivent nourrir notre réflexion.
À nous tous maintenant de passer de la phase du rêve éveillé à celui du projet technique.

Si l’on réfléchit aux impératifs qu’une vie à demeure et un passage relativement important de visiteurs impliquent on peut proposer les points suivants :

1- Les espaces sont de quatre ordres :
- espace d’habitation permanente ;
- espace d’accueil et de logement temporaire ;
- espace d’annexes techniques pour les résidents (jardin, rangements de matériel, etc.) ;
- espaces d’activités et d’installations nécessaires à la vie.

2 – Les besoins techniques sont de quatre ordres :
- fourniture en énergie électrique ;
- chauffage ;
- fourniture en eau potable et non potable ;
- élimination des déchets solides et liquides.

3 – Les moyens de compenser ou de suppléer aux besoins sont, soit la réduction ou la suppression de l’usage quand cela est possible de façon raisonnable et le remplacement d’une technique par une autre.
Cela permet d’arriver à une véritable autarcie, même dans les conditions les plus sévères.

4 – Ce que l’on peut réduire ou supprimer :
- la consommation d’eau potable peut être réduite de 75 à 85% ;
- le raccordement à une source d’eau municipale n’est pas indispensable ;
- le recours à l’électricité peut être réduit dans les mêmes proportions que l’eau potable ;
- le raccordement à un fournisseur d’électricité n’est pas indispensable ;
- le recours à un système hydraulique pour l’élimination des matières fécales et des urines n’est pas nécessaire ;
- le recours à l’électricité ou au gaz pour la cuisine n’est pas indispensable ;
- le recours à l’électricité pour l’aération et la climatisation ainsi que pour le chauffage n’est pas indispensable ;
- le recours aux systèmes municipaux ou à une fosse septique pour le traitement des déchets liquides n’est pas indispensables, mais il peut nous être imposé par la municipalité ;
- les déchets solides peuvent être fortement réduits en fonction des choix de fourniture et du tri sélectif associé à un compostage massif.

J’ai volontairement fait la part la plus congrue aux critères spirituels de participation à une vie chrétienne cathare communautaire car cela mérite un développement qui obérerait de trop ce document.

Quelle forme pour une communauté cathare aujourd’hui ?

La continuité des communautés cathares est interrompue depuis près de sept siècles. Depuis que les dernières communautés et les derniers bons-chrétiens ont été contraints à la fermeture et à l’isolement d’une clandestinité extrême, la mémoire de leur mode de fonctionnement, de leur règle de vie, de leurs choix d’organisation s’est perdue. En outre ces communautés n’ont pu évoluer avec leur temps et il n’y a plus de bon-chrétien attesté pour énoncer comment elle doivent s’organiser aujourd’hui.
C’est pour cela que la mise en place et l’organisation d’une première communauté est difficile à préparer mais, d’un autre côté elle présente l’avantage de laisser un peu de marge d’adaptation pour lui donner une forme qui tienne compte des particularismes liés à l’époque où nous vivons, à l’absence de référent spirituel, aux conditions matérielles et aux mode de vie de ses futurs habitants.

Les incontournables

Il faut néanmoins garder à l’esprit quelques points qui relèvent des fondamentaux de la doctrine cathare.
Ce qui unit les personnes désireuses de vivre une vie évangélique c’est l’amour absolu, la Bienveillance comme je l’appelle. Il est donc impensable que n’importe lequel des membres de la communauté puisse être mis en situation de subir une volonté abusive des autres.
C’est pour cela que les décisions importantes doivent être prises en communauté par ceux qui sont partie prenante de leurs conséquences. Par contre, pour des décisions organisationnelles secondaires, la délégation de responsabilité semble être le choix le plus raisonnable.
Ce rôle était auparavant tenu par l’ancien. Or, l’absence de bon-chrétien implique l’absence d’ancien. Il faut donc déterminer si les membres de la communauté désignent un des leurs pour remplir ce rôle, de façon permanente ou à tour de rôle.
La vie séculière s’articule autour d’une règle qui — chez les bons-chrétiens ou les novices — n’a pas la rigueur qu’on lui connaît chez les communautés judéo-chrétiennes.
Pour autant, si elle ne peut s’envisager que si elle est établie d’un commun accord entre tous les membres fondateurs et acceptée de plein gré par eux et par tout membre amené à les rejoindre par la suite, elle doit aussi être comprise comme devant être mise en œuvre dans un cadre de stricte obéissance.
Là aussi le rôle de l’ancien est fondamental car il doit veiller au respect de cette règle d’obéissance mais aussi savoir éventuellement remettre en chantier une règle mal comprise ou mal formulée. Si nécessaire, il doit être en mesure de proposer une modification de la règle.
Cette règle de vie séculière et régulière se fonde sur le seul commandement reconnu par les croyants cathare : la dilection ou Amour absolu.
C’est de lui que découlent logiquement les éléments de la règle qui seront le ciment de la communauté.

La vie quotidienne sera rythmée par des activités qui se répartissent entre des activités spirituelles, des activités domestiques et des activités séculières destinées à assurer le financement de la communauté, soit par une activité professionnelle pour les membres qui n’ont pas atteint l’âge de la retraite, soit par des activités au service de la communauté ou de la société environnante pour ceux qui n’ont plus cette obligation d’assurer le financement de leur quotidien.

Les activités spirituelles

Les activités spirituelles sont rythmées par des périodes de prière collective, des rituels et des périodes d’échanges internes à la communauté ou tournées vers un public extérieur.
Sans rentrer dans le détail, les prières s’échelonnent sur la période d’activité, c’est-à-dire qu’elles laissent un temps de repos physique suffisant d’au moins sept heures de sommeil et des temps qui rendent possibles les activités domestiques et professionnelles.
Il est coutumier de commencer dès le lever du jour — voire une à deux heures avant (notamment en hiver) — puis de séparer les prières de façon adaptée aux nécessités quotidiennes de façon à donner un rythme de vie équilibré mais régulier et adapté à la volonté des membres d’être baignés de spiritualité tout au long de leur vie.
Ainsi, l’étude des textes cathares permet d’imaginer un rythme prévoyant  une première prière (matines ou vigiles[1]) qui marque le réveil de la communauté suivie d’une période de même durée permettant aux membres de procéder à leurs ablutions et à la prise du premier repas.
Ensuite, vient la prière correspondant au lever du jour (laudes ou prime) qui est doublée d’une autre (tierce) et qui précède la première période de travail.
Si l’on considère que la première se tient vers cinq heures du matin, la deuxième interviendrait donc vers sept heures. Le travail commencerait donc à neuf heures.
À midi, la première rupture du temps de travail est ponctuée par la prière (sexte) qui précède le repas et les activités domestiques qui y sont liées.
Le travail reprend donc vers quatorze heures. Après trois nouvelles heures de travail, à dix-sept heures donc, une prière (none) coupe l’après-midi. Elle est immédiatement suivie de la dernière prière du jour (vêpres) qui clôture la journée de travail.
Les activités domestiques et le repas du soir sont suivies vers vingt heures de la prière de début de nuit (complies) et le coucher intervient vers vingt-et-une heures ce qui laisse huit heures de repos jusqu’à la prochaine prière du matin.
Les prières cathares comprennent un temps consacré au rituel et un autre consacré à un travail collectif d’étude et d’enseignement dirigé par l’ancien.
Les activités domestiques sont consacrées à l’entretien des locaux et des matériels et au service collectif.
Les activités accessoires servant à la production de biens de consommation et à la maintenance des matériels et outils servant au fonctionnement général de la communauté sont à la charge des membres disposant de temps en raison de leur situation professionnelle (retraite, congés, etc.).
En dehors des jours de travail, l’ensemble de la communauté met à profit le temps ainsi libéré pour s’ouvrir à l’extérieur, soit en aidant les personnes vivant à proximité qui en ont besoin, soit en participant à des réunions publiques avec des visiteurs de passage.

Le comportement individuel

Dans l’esprit de l’Amour absolu, les croyants novices et les bons-chrétiens choisissent de vivre en cohérence avec leur foi. Cela implique quelques particularités de la vie personnelle.
Tout d’abord, sachant quels sont les artifices que déploie la mondanité pour provoquer la rupture de l’engagement spirituel, le croyant s’abstient, non seulement d’y succomber mais aussi de les provoquer ce qui serait une manifestation d’orgueil à l’encontre du Mal.
Le point le plus important de la vie évangélique est ce qu’on appelle l’ascèse.
Cette ascèse est spirituelle comme nous l’avons vu dans le rythme de vie que choisit de suivre le croyant où la prière est centrale dans le déroulement d’une journée. Cette ascèse spirituelle comprend aussi un choix comportemental personnel fait d’humilité et de modestie vis-à-vis de ses coreligionnaires et de tout autre personne présente.
Mais l’ascèse spirituelle se double d’une ascèse physique qui comporte un retrait des éléments considérés comme majeurs dans la vie mondaine.
Bien entendu, vient en premier l’abandon de tout ce qui touche à la sexualité qui contredit fortement la notion d’Amour absolu au profit d’un amour exclusif et l’abandon aux désirs corporels au profit de l’expression spirituelle.
Ensuite l’ascèse physique touche aux manifestations sensuelles corporelles qui s’exercent hors du champ sexuel.  C’est le cas des pratiques relatives à l’alimentation d’une part et à la possession d’autre part.
L’objectif est de choisir de vivre de l’essentiel et de s’abstenir d’un superflu qui serait une forme de spoliation d’un autre moins bien loti.
Sur le plan alimentaire les jeûnes viennent ponctuer la vie spirituelle en ramenant les désirs corporels à leur juste part et le choix des aliments obéit à la fois à un désir de ne pas ajouter de violence au monde et à ne pas faire de l’alimentation une source de plaisir excessif.
C’est pour cela que le croyant s’abstient volontairement de produits issu de toute souffrance animale, même indirecte, et que ses aliments, sans être mauvais au goût, ne doivent pas chercher ni la variété gustative, ni l’excellence excessive des produits.
Des repas étudiés pour leurs apports nutritifs et la variété des composants nécessaires à l’entretien de l’organisme doivent être la règle.
À l’occasion, notamment lors de repas pris avec des visiteurs, il est tout à fait possible d’améliorer l’ordinaire mais cela doit rester une exception.
Le croyant novice va, petit à petit, se détacher des biens matériels et apprendre à vivre dans une pauvreté choisie qui lui assure le nécessaire et l’aide à se départir du superflu. Le choix d’une vie communautaire participe de cette volonté et l’humilité vient la compléter. Ce détachement se poursuivra dans un choix d’uniformisation qui poussera les membres à s’habiller de façon simple et identique — au moins dans le cadre de la vie communautaire — et à s’abstenir de ce qui marque la différence entre coreligionnaire sans autre motivation que la nécessité quotidienne.
Les biens culturels, les espaces de vie, les choix d’acquisition ou d’aliénation doivent être commun pour autant que possible.
Cela correspond en fait à l’idée chrétienne qui veut que chacun accepte de s’amoindrir dans sa propre individualité pour se sentir membre de la communauté spirituelle.

Les adaptations

Ces incontournables laissent en fait une grande place à l’adaptation car le système ne doit pas être rigide.

Les temps de prière

Le modèle que j’ai présenté a l’avantage de coller au plus près au rythme des prières cathares médiévales. Pour autant ce qui compte c’est de consacrer une grande partie du temps de vie communautaire aux activités spirituelles, pas d’être la copie conforme des communautés médiévales. Il est donc envisageable de réfléchir à cette organisation afin de trouver quelque chose qui soit adapté à notre époque.
Je serais moins disposé à trop modifier le contenu du rituel qui me semble important pour atteindre l’objectif de détachement du monde. De même le temps de lecture, d’échange et de formation qui suit la prière me semble fondamental.

L’organisation de la vie communautaire

Il me semble que le rythme tel qu’il est décrit est assez adapté à une vie communautaire. Cependant, il faut accepter que ceux qui sont soumis aux obligations mondaines du travail puissent être dispensés de certaines pratiques ou bien qu’on leur propose des formes plus sommaires à mettre en œuvre de façon plus discrète quand ils sont hors de la communauté.
Ce qui me semble important c’est la cohésion de la communauté autour de son ancien, lui-même garant du respect de la règle portée par l’Amour absolu.
La répartition des tâches me semble correspondre à la logique des temps disponibles. Ce qui importe c’est le partage des tâches, non pas seulement sur la base des affinités de chacun mais aussi dans la volonté d’une réelle participation de tous à toutes les activités. Cela permet de ne pas créer des zones réservées susceptibles d’être comprises comme des avantages indus. Cela permet aussi à chacun de comprendre les difficultés et les contraintes de tâches qu’il n’aurait pas forcément choisi spontanément.
Mais que sur un fond de partage il y ait des adaptations liées aux compétences et appétences de chacun ne me semble pas être rédhibitoire.

Éléments structuraux

Le terrain

Maintenant que nous avons évoqué le plus important voyons comment une communauté pourrait s’organiser.
Au Moyen Âge les communautés étaient nombreuses et organisées. Elles vivaient dans des maisons achetées ou données à l’Église.
Quand l’invasion est survenue, l’organisation a souffert mais les réseaux ont fonctionné suffisamment longtemps pour offrir des lieux d’hébergement et les cas d’habitat précaires furent assez rares.
Aujourd’hui l’Église est encore balbutiante et sans moyens. Il faut donc réfléchir aux moyens nécessaires et à la façon de se les procurer.
Ce qui importe est que si chacun des membres de la communauté ne cherche ni la sécurité, ni la pérennité, il leur revient d’essayer d’assurer celles de l’Église.
Il est donc important d’essayer de mettre en place une structure durable afin de permettre à plusieurs générations de croyants, de novice et de bons-chrétiens de pouvoir en profiter.

Quelles sont les systèmes possibles :
- Un terrain permettant l’installation à demeure d’habitations de loisirs serait la version la moins coûteuse à envisager ;
- Un terrain disposant d’une structure collective serait relativement coûteuse vu le faible nombre de personnes en état d’y résider dans un premier temps ;
- Un terrain permettant la mise en place de structures variables serait un bon choix car le coût initial serait répartis entre plus de personnes et les grandes surfaces ont un coût proportionnel nettement moins élevé.

La première solution ne répond que partiellement à l’objectif car il manque de pérennité et il rend plus difficile une vie de groupe en raison de la faible superficie de ce genre de constructions. Par contre, le prix de ces habitations variant de 25 000 à 45 0000 €, il serait relativement facile à réaliser.
La deuxième solution grève le budget car les terrains de petite superficie sont relativement chers ce qui laisse moins de moyens pour la construction commune. Par contre dans ce projet les habitants sont ensemble quel que soit leur nombre.
La troisième solution est assez particulière. Elle propose d’étendre le projet aux croyants qui n’ont pas l’intention ou la capacité de rejoindre la communauté de novices, au moins dans un premier temps.

Ces derniers pourraient devenir co-propriétaires — via une Société Civile Immobilière (SCI) — avec les novices. De ce fait un terrain plus grand serait acheté ce qui réduirait sensiblement le coût au m2. Ainsi les acheteurs réduiraient sensiblement leur part financière immobilisée dans l’achat du terrain. Là où un terrain de moins de 1000 m2 reviendrait à un prix unitaire de surface de 30 à 50 €, un terrain quatre à six fois plus grand reviendrait à environ 10 €.

Les constructions

Selon le choix précédent, les constructions pourraient être de la nature suivante :
- une à plusieurs maisons communautaires pour les novices et les bons-chrétiens ;
- des habitations légères de loisirs pour des personnes de passage ;
- des habitations permanentes si des croyants viennent s’installer à demeure sur le même terrain ;
- des habitations de loisirs mobiles.

La plupart de ces constructions peuvent voir leur coût fortement abaissé (jusqu’à 40%) avec une participation à la construction.
Le choix pour des croyants de participer à un tel projet permettrait de concilier des éléments apparemment opposés, le fait de demeurer dans le monde pour y assumer une responsabilité familiale et celui d’entamer un cheminement de croyant avancé en se rapprochant d’une communauté de vie évangélique.
Ce choix n’est pour autant pas évident car il implique l’acceptation libre des autres personnes concernées et de grands changements dans une vie déjà organisée. En effet, il faudrait abandonner une zone de vie et peut-être un bien immobilier pour en reconstruire un autre, certainement un peu moins confortable, et réorganiser une vie personnelle et professionnelle à distance d’un lieu où ces personnes auront certainement déjà vécu depuis un certain temps.
Pour les novices qui tenteraient cette aventure, cette solution aurait bien des avantages également en terme financier et en soudant une communauté à proximité de leur lieu de vie.
En outre, le terrain non construit permettrait d’installer des équipements utiles à la vie de la communauté.
La possibilité d’installer des habitations légères de loisirs permettrait d’accueillir des visiteurs de passage et de financer un peu la communauté.


[1] Les noms donnés entre parenthèse sont ceux des règles catholiques.

NDLR : Il n’y a pas de forum pour ce sujet car il fait partie des groupes de travail organisés par l’association et ne concerne de fait qu’une minorité de personnes… pour le moment.

- 1 025 visite(s)