Yves Maris – Clôture (31 mai 2009)

Mesdames, Messieurs, Mes amis,

Cachée dans les bois, il y a près d’ici une grotte où les cathares du Moyen Âge avaient  probablement l’habitude de se retrouver pour écouter quelque prédicateur. Le lieu pouvait aussi servir de refuge aux fugitifs. On voit encore l’ancrage des poutres de l’auvent dans la paroi rocheuse et des matériaux de construction dispersés au fond de l’antre. Le lieu n’est pas aujourd’hui très accueillant ; mais nous pourrions envisager de nous y retrouver pour nous relier à ceux qui nous ont précédés. Nous ne cherchons ni le confort ni les décors que notre société sait si bien utiliser lors de colloques ou de congrès. Nous avons pensé qu’une organisation bien ordonnée et recherchée ne convenait pas à notre cheminement, qu’elle venait en contradiction avec les scènes évangéliques :
« Les renards ont des tanières, les oiseaux du ciel, des nids, et le fils de l’homme n’a pas où reposer la tête. » Les meetings sophistiqués coûtent cher et nous ne souhaitons pas laisser des questions d’argent s’imposer dans nos relations.

Après cette rencontre historique, nous ne pouvons plus être tout à fait comme avant. D’abord, individuellement, parce que nous nous sommes questionnés sur notre propre existence, nous avons peut-être découvert un cheminement qui pourrait être le nôtre, nos vies ont pu trouver ici leur véritable sens, nous avons fait des rencontres inoubliables. Ensuite, collectivement, parce que nous avons dessiné un corps social dans la continuité de celui des cathares du Moyen Âge et le prolongement de la longue chaîne gnostique. Il nous appartient maintenant de consolider ce corps, de le mettre en mouvement et de le faire vivre.
Nous ne pouvons pas formaliser notre élan conformément à un droit social, le normaliser, le figer dans une structure associative de caractère mondain, dont la trivialité serait contraire à notre idéal. Laissons au monde ses organisations associatives, partisanes ou ecclésiales qui génèrent des hiérarchies, des règlements, des obligations légales. Restons anarchistes ! Nous nous sommes déjà orientés vers un déploiement en réseau, continuons, puisque c’est la meilleure voie pour être librement reliés. Le réseau tisse de lui-même sa logique. Il vit sa propre vie, que nul ne saurait maîtriser. Chacun de nous témoigne d’une existence sur la toile, chacun constitue un point qui se déplace librement dans l’espace et le temps sans démailler l’ensemble. Tout groupe de rencontre qui se constitue en tel ou tel lieu forme un nœud ou un repère qui consolide l’ensemble. Chacun de nous a vocation à nouer les liens et à former un nœud. Un réseau n’a pas de point central, sa raison  [d'être] est de s’étendre à l’infini.
Le réseau des cathares d’aujourd’hui sera notre œuvre à tous. Par des événements comme celui que nous connaissons, nous le rendons visible ; nous choisissons d’apparaître, pour nous aimer, les uns les autres et nous réconforter.

Le terme « cathare », du grec katharos qui signifie « pur », pose question à nos détracteurs qui invoquent l’histoire et nient son authenticité. Ils insinuent le doute. Nous comprenons l’enjeu, car il faut être nommé pour exister ; et la négation du terme efface notre existence. Certes, ce serait un abus de langage de prendre le mot au sens premier. Nul ici ne prétend être pur ; nous ne sommes pas sans mélange. Mais le terme est désormais consacré par l’usage et nous le prenons comme tel. Il ne nous viendrait pas à l’idée de ne pas utiliser le terme « chrétien », au prétexte qu’il n’apparaît qu’à la fin du premier siècle sous le calame d’Ignace d’Antioche qui reprend une dénomination populaire : du grec khristianos qui signifie « frotté d’huile ». De même, je ne vois pas le mal qu’il y a à se proclamer hérétique. Le terme « hérésie », du grec hairesis qui signifie « opinion particulière », nous oppose très justement à la pensée unique qui mène le monde. Être hérétique dans la société que nous connaissons constitue notre gloire.

Qui sommes-nous ou, plutôt, qui voudrions-nous être ? Si nous partons des notions développées par Paul dans sa lettre aux Romains, nous sommes d’abord des fils d’Adam, c’est-à-dire des fils de l’homme. Et nous savons que le premier homme est encore une bête. Paul propose le concept d’« homme animal ». Celui-ci n’est mené que par ses appétits ou ses instincts de survie ; il a des sentiments, il se montre aimable, jaloux, cruel, violent et possessif. Il ne peut vivre en société que s’il est encadré par un droit, s’il est soumis à une loi positive imposée par une puissante autorité. Selon la légende biblique, cet homme animal est la créature du dieu des Hébreux. La torah est la loi que ce même dieu accorde à son peuple pour garantir son existence sociale. L’alliance qui en résulte a pour but la vie éternelle, en contrepartie de la reconnaissance et de la fidélité à ce dieu : les fidèles sont assurés d’une longue vie par l’éternité du peuple et par le sang ancestral qui coule dans leurs veines et qu’ils transmettront à l’infini.
À l’homme animal, Paul oppose l’homme spirituel. Il s’agit d’une création qui échappe au dieu du monde. Elle émane du Christ : « De sorte que par le Christ, dit Paul, on est une création nouvelle : ce qui est ancien a passé ; voici que tout se renouvelle. » Le Christ est le créateur du nouvel homme. Il est certes lui-même « fils de l’homme » par la chair, mais il dépasse la filiation humaine pour devenir « fils de Dieu » par l’esprit. Tandis que l’homme animal est constitué d’une âme et d’un corps, le nouvel homme est doté de l’esprit et, par conséquent, du discernement de la conscience. Il se libère de sa nature, des appétits, des instincts, des sentiments qui s’attachent à la génération charnelle. Il n’a d’autre loi que celle qu’il découvre au cœur de sa conscience éclairée : la loi du Christ. Il est non possessif et non-violent. Il a vocation à se libérer du corps et de l’âme, pour n’être plus qu’esprit : « Qui me délivrera du corps de cette mort ? », s’écrie Paul. L’éternité concerne désormais la personne elle-même, non plus le peuple en son ensemble. L’accomplissement de chaque vie réside dans sa participation à l’esprit.

Nous comprenons que la question sexuelle est sous-jacente à cette dualité humaine. Dans la tradition juive, Israël est fils de Dieu, en tant que peuple. La notion de filiation est collective. Pour tout homme, la bénédiction de Dieu se traduit par une famille nombreuse, en bonne santé. L’éternité réside dans la procréation et se gagne par la génération, l’acte sexuel est sacralisé en tant que principe de vie éternelle et obéissance au pacte d’alliance que les patriarches ont conclu avec Dieu : « Croissez et multipliez-vous ». Le peuple doit survivre et son dieu avec lui. Les intérêts sont liés au taux de fécondité.

Dans la conception chrétienne, la vie éternelle est attachée à la personne qui participe à l’esprit du Christ : « Le premier homme, Adam, dit Paul, fut une âme vivante, le dernier Adam [le Christ] est un esprit qui fait vivre ». L’âme meurt avec le corps, tandis que l’esprit est immortel. Pour être bien compris, Paul ajoute : « Il n ‘y a pas d’abord l’esprit, mais l’âme, et ensuite l’esprit ». La génération d’Adam est charnelle et mortelle, la génération du Christ est spirituelle et immortelle. La première création s’accroît grâce à une filiation charnelle, la seconde création se développe grâce à une filiation spirituelle.
L‘acte sexuel vient de perdre son sens. C’est avec cette notion fondamentale de la perte de sens de l’acte sexuel que nous devons aborder la question de la sexualité dans le christianisme. Il s’agit d’autant moins d’une question morale que nous savons que la morale n’a pas de fondement vrai. Il s’agit d’une question de principe. Faire l’amour pour procréer dans la chair nous retient simplement dans la génération première et inscrit notre progéniture, a priori, dans cette génération qui revêt la forme de l’exil terrestre et de la captivité corporelle. La responsabilité de l’acte réside dans la fécondation bien plus que dans les ébats amoureux.

Les judéo-chrétiens n’ont pas rompu avec la tradition juive. Le mélange de l’âme spiritualisée et du corps sanctifié fonde chez eux la croyance en la résurrection de la chair, qui justifie l’acte sexuel, a posteriori. Interrompre une grossesse ne signifie donc pas seulement effacer une vie en puissance, mais contrarier la logique qui conduit de l’acte à la descendance, c’est-à-dire à une longue vie par procuration. L’avortement devient un péché plus grand que le meurtre ou le viol, car il nie la bénédiction de Dieu qui réside dans la filiation porteuse d’éternité. De même, la contraception est condamnée parce qu’elle refuse objectivement la bénédiction divine. Aussi, puisque l’acte sexuel ne peut tendre que vers la procréation, il doit être sacralisé par le mariage, garant de la filiation. Nous voyons que nous sommes à l’opposé de la pensée cathare.

La discussion est ouverte, dès le premier siècle, entre les ascètes, pour qui la procréation n’a plus de sens, et les géniteurs, pour lesquels elle reste un commandement de Dieu. Paul, qui est persuadé de vivre la fin des temps, demande que l’on ne se marie pas, sauf à ne pouvoir maîtriser sa continence. Dans ce cas, dit-il, que chacun, de l’homme et de la femme, ne se refuse pas aux appétits de l’autre. Pour l’apôtre, le mariage est une tolérance. Il ne vise plus la procréation, qui perd également son sens dans une perspective de fin des temps imminente, mais la limitation de l’acte sexuel. Le mariage constitue une barrière contre l’amour libre, auquel il ne peut adhérer, mais que pratiquent certains gnostiques, pour qui aimer sans procréer constitue une délicieuse désobéissance au créateur.
Je ne crois pas que nous devions nous focaliser sur l’acte sexuel à propos d’une pensée cathare modernisée. Fidèles à la logique judéo-chrétienne, les catholiques proclament l’interdit de la contraception. Nous pensons différemment que mieux vaut la régulation des naissances que le populationnisme ou l’humanité proliférant comme une lèpre sur la planète Terre.
Les gens irréfléchis nous opposent généralement deux arguments contradictoires : soit l’ascèse cathare amène à l’extinction de l’humanité, soit la chasteté est impossible à vivre. Au premier, nous répondons que l’humanité est loin d’avoir vocation à être parfaite ; au second, que la continence n’est le fait que d’une poignée d’élus qui prononcent leurs vœux de perfection. Lorsqu’elle s’agenouille devant Guilhabert de Castres, Esclarmonde de Foix a cinquante ans, elle est veuve du vicomte de l’Isle-Jourdain et a élevé ses cinq enfants auxquels elle a abandonné son héritage. Entre les superstitions de Pèire Authié, qui s’interdit d’effleurer la main d’une femme, et les frasques de Guillaume Bélibaste, qui engrosse une passante, je choisis la sagesse d’Esclarmonde. Une vie accomplie doit avoir été vécue. Et une sexualité libérée ne prépare pas moins à des vœux de perfection qu’une inhibition morbide.

Lorsque nous agissons, en toutes choses, ne nous demandons pas si nous dérogeons à une règle, si nous bafouons un dogme, si nous enfreignons une norme, si nous heurtons une morale mondaine. « Tout est permis ! » proclame Paul qui abroge toute loi positive. « Mais tout n’édifie pas », ajoute-t-il. Posons-nous les questions en ce sens : notre parole ou notre action est-elle violente ? S’inscrit-elle dans notre démarche d’amour ? Sommes-nous vrais ou ne le sommes-nous pas ? Bref, sommes-nous en contradiction avec notre conscience et notre conscience est-elle suffisamment éclairée ? Nous ne sommes pas seulement responsables de nos actes en eux-mêmes, mais de ce qu’ils provoquent, de la cascade de causalités que nos paroles ou que nos actions entraînent. La perfection de nos initiatives ne va pas sans cette prise de conscience.

Certains nous diront encore que le catharisme fut une Église de parfaits et que, depuis que le dernier fut brûlé sur un bûcher, l’Église s’est éteinte ; comme si la pensée et l’esprit du Christ se consumaient avec le corps. J’ai entendu des historiens du catharisme médiéval, et d’autres qui ne le sont pas, affirmer que la chaîne apostolique était rompue en sa branche cathare, puisque nul n’était désormais disponible pour recevoir des vœux de perfection et pratiquer l’imposition des mains rituelle. J’ai même entendu l’un d’entre eux dire qu’il faudrait qu’un évêque catholique passât à  l’hérésie pour que l’esprit cathare fût justifié par la chaîne apostolique ! C’est ignorer que cette chaîne apostolique fut une invention d’Irénée de Lyon, au deuxième siècle. L’évêque cherchait à asseoir l’autorité de l’Église romaine, qu’il représentait, face aux disciples de Marcion et de Valentin.
Nous n’avons que des récits légendaires sur le devenir des premiers disciples de Jésus. Nous savons que Jacques, non le disciple mais le frère de Jésus, fut le patriarche de la communauté de Jérusalem, selon le principe dynastique. Nous savons qu’il était, dans un premier temps, entouré de Pierre et de Jean. Que la pensée libérale de Paul était loin de recevoir leur agrément, même s’il réussit à leur arracher un accord au sujet des païens convertis. Paul ignore toute idée de succession apostolique.  D’abord, il se considère comme le seul apôtre, l’envoyé du Christ par opposition aux disciples à qui Jésus n’a jamais demandé d’aller annoncer le royaume en dehors d’Israël. Il raconte, qu’après avoir reçu la grâce et mission du Christ d’aller vers les nations, il se mit aussitôt en chemin vers l’Arabie et ne rencontra Pierre et Jacques que trois ans plus tard. Opposer la succession apostolique à la résurgence cathare, c’est nier Paul et tout ce que le corpus canonique a d’authentique. C’est prendre l’argument de Rome !

L‘idée de chaîne apostolique s’appuie sur la notion de succession authentifiée. Le baptême, l’onction, l’imposition des mains sont reçus d’untel qui les a lui-même reçus d’untel et ainsi de suite. Sur le principe de la grâce, qui n’est reçue que du Christ, sans intermédiaire, Paul suppose à ce système d’authentifîcation qui favorise les divisions et provoque les excommunications.
Voici ce qu’il dit face à une situation qui préfigure l’institution d’Églises diverses : « Ceux de Chloé m’ont fait savoir à votre sujet, mes frères, qu ‘il y a des disputes parmi vous. Je dis ceci, parce que chacun de vous dit : moi je suis de Paul, moi d’Apollos, moi de Képhas, moi je suis du Christ. Etait-il partagé le Christ ? Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous ? Avez-vous été immergé au nom de Paul ? Je remercie Dieu de n’avoir immergé aucune d’entre vous, sauf Crispus et Gaïus, pour que nul ne puisse dire que vous avez été immergés en mon nom, J’ai immergé aussi la maison de Stéphanos. Pour le reste, je ne sais si j’ai immergé personne d’autre, Non, certes, le Christ ne m’a pas en effet envoyé pour immerger mais pour annoncer le message. ». Nous aurons compris que Paul n’attache pas d’importance à quelque rituel d’appartenance. Seule la grâce du Christ fait le bon chrétien !
L‘idée de chaîne apostolique pourrait prendre sens si elle permettait de transmettre l’enseignement authentique de Jésus à chaque génération. Or, nous savons bien que l’Église romaine a, à maints égards, un enseignement contraire à celui de Jésus et nous devons admettre que l’Église cathare du Moyen Âge ne portait pas non plus l’enseignement authentique de Jésus, malgré tous ses efforts pour s’en rapprocher au plus près. L’enseignement authentique de Jésus est perdu parce qu’il n’y a jamais eu de véritable chaîne apostolique. Nous ne pouvons tenter que de le retrouver, par la critique des textes dont nous disposons, par notre questionnement, par les effets de la grâce et par notre vécu.
La perfection de Jésus ne se transmet pas, elle s’expérimente.

Mais nous savons que la perfection véritable n’est pas de ce monde et que nous ne l’atteindrons pas dans le domaine de l’incarnation. « Quand viendra le parfait, dit Paul, ce qui est partiel disparaîtra. » La perfection est un cheminement vers le pur amour et la simplicité. Elle n’est jamais un état, seulement un mouvement. Paul dit aussi : « Je n’ai pas encore reçu [toute la connaissance] et je ne suis pas encore parfait, mais je poursuis et tâche de saisir [de comprendre], ayant moi-même été saisi par le christ Jésus. »
II n’empêche que vient un moment où, par abus de langage, la perfection est reconnue et où « le parfait » devient le modèle vivant. Nous savons qu’il y a un cercle intérieur de parfaits dans l’Église paulinienne, comme chez les cathares du Moyen Âge. Voici ce que dit l’apôtre à propos d’un enseignement ésotérique sur la sagesse : « Nous parlons de sagesse parmi les parfaits, sagesse non de ce siècle ni des chefs de ce siècle, nous parlons d’une mystérieuse sagesse de Dieu, celle qui a été cachée et qu ‘avant les siècles Dieu a prédestinée à notre gloire, celle qu’aucun chef de ce siècle n’a connue. Oui, s ‘ils l’avaient connue, ils n ‘auraient pas crucifié le seigneur de gloire. »
Le mouvement cathare peut-il vivre dans la modernité sans un cercle de parfaits ? Si, chez Paul, le parfait n’a vocation ni à baptiser, ni à imposer les mains, il constitue cependant le modèle pour ceux dont le discernement de la loi du Christ n’est pas assuré. Paul dit clairement : « Je poursuis le but pour le prix auquel Dieu m’a appelé d’en haut dans le christ Jésus. Nous tous, les parfaits, c’est donc à cela qu’il nous faut tendre ; et si vous tendez à quelque chose d’autre cela aussi Dieu vous le dévoilera. Il n’y a qu ‘à marcher à partir d’où nous sommes. Soyez mes imitateurs, frères, et surveillez ceux qui marchent selon l’exemple que vous avez en nous. » Paul était un éclaireur et les parfaits, autour de lui, parmi les premiers selon le Christ. Sans modèle de parfaits vivant dans notre siècle, nous avons toutefois l’évangile et l’enseignement de Paul. L’esprit transcende les siècles et nous ne sommes pas aussi seuls et ignorants que nous pourrions le penser.

Plus le cercle des croyants que nous constituons s’élargit, plus nous avons la chance de percevoir ici et là de brillantes personnalités s’élever dans l’intellect et la vérité, dans la pratique du pur amour et de la simplicité. Nous ne devons pas considérer l’imposition des mains comme un acte magique qui ferait descendre l’esprit sur terre ou le transmettrait d’une personne à une autre. Nous ne sommes pas du genre magicien et nous savons que l’esprit souffle où il veut, quand il veut. L’imposition des mains signifie la reconnaissance d’une grâce préalablement reçue. Elle marque le passage du seuil, à partir duquel le chemin de perfection devient visible. L’imposition des mains est un témoignage, une attestation. Elle est le signe d’une élection auquel une très large communauté peut conférer, le moment venu, autant d’authenticité qu’un cercle étroit de parfaits. Il n’y a pas d’abord le parfait, puis la communauté, mais inversement, le mouvement communautaire, puis les parfaits garants des liens qui réunissent dans la communion de l’esprit.

Ne soyons pas impatients. L’amplitude de notre mouvement s’inscrit dans le long déroulement du temps et nous sommes la génération refondatrice.

Je vous remercie.

Retour au sommaire