Le catharisme est un christianisme authentique et originel
Parler de catharisme c’est parler de christianisme, d’où le titre de cette page.
Certes, pas celui dont vous avez toujours entendu parler mais, d’un christianisme qui puise tout son contenu aux sources originelles d’avant le concile de Nicée, c’est à dire au Christ et à Jean, Paul de Tarse, Marcion de Sinope et quelques autres.
Le catharisme fut accusé d’hérésie ; il fut comparé à tort – par les hérésiologues judéo-chrétiens – au manichéisme (du perse Manès ou Mani).
Mais le dualisme cathare n’est pas manichéen .
Le catharisme existe par lui-même et n’est pas une dissidence du catholicisme.
Il rappelle que l’Évangile est une prédication de paix et d’amour.
Il est en filiation directe avec le christianisme des origines.
Le catharisme d’aujourd’hui
Le christianisme, une « idée » à la vie dure
Une idée, une conception intellectuelle, qu’elle soit religieuse ou non, ne disparaît pas forcément quand celui ou ceux qui l’ont développé disparaissent.
Il suffit qu’une seule personne s’y intéresse pour qu’elle reprenne de la vigueur.
Le catharisme est une résurgence du christianisme authentique — c’est-à-dire du christianisme originel — comme le fut en son temps le marcionisme, lui-même disparu là et quand est apparu le bogomilisme, autre résurgence de ce même christianisme.
Il peut donc réapparaître même en l’absence des bons chrétiens cathares disparus vers 1463 en Bosnie.
Le catharisme peut-il être moderne ?
Le néo-catharisme ne saurait être considéré à l’identique de celui du Moyen Âge.
C’est pourquoi il faut manier le terme de catharisme avec précaution en attendant qu’un terme plus adapté à notre époque apparaisse et en se rappelant que les cathares eux-mêmes ne s’appelaient que chrétien ou bon chrétien.
Deux conditions me semblent indispensables à la résurgence de cette pensée.
Tout d’abord, pour que cela se fasse dans l’esprit qui animait les bons-chrétiens du Moyen Âge, il est nécessaire de bien connaître son histoire, ses sources, sa philosophie et ses énoncés théologiques.
Pour cela nous verrons aussi comment les cathares et leurs prédécesseurs étudiaient les textes chrétiens dans leur ensemble et quelles interprétations ils en tiraient.
Ensuite, il convient d’admettre que le terme de catharisme n’est qu’une facilité de langage, car personne ne peut prétendre « ressusciter » ce qui était intimement lié à une période historique donnée.
De même que les resucées des philosophies grecques se sont avérées manquer de l’essentiel — à savoir la vie quotidienne philosophique de leurs aînés —, le néo-catharisme ne saurait reproduire exactement ce qui fit de ce christianisme quelque chose d’unique et de si marquant.
Il faut donc travailler aussi à une adaptation de ce christianisme aux connaissances et aux acquis qui sont ceux de notre époque.
Figer le christianisme à l’époque cathare serait aller à l’opposé de nos prédécesseurs qui avaient su lui conserver son caractère non dogmatique et qui s’interdisaient toute référence à des symboles, fussent-ils humains.
Le renouveau du catharisme, piège ou bienfait ?
Après cinq siècles de silence, des voix se sont élevées pour redonner aux principes cathares toute leur validité.
Il faut dire que le catharisme doit beaucoup à des chercheurs qui, malgré l’absence de reconnaissance, voire le risque professionnel encouru à choisir un sujet « sulfureux », ont permis de faire le tri entre l’Histoire et quelques approches moins documentées, dictées soit par une sensibilité romantico-régionaliste sympathique mais parfois brouillonne, soit et c’est plus grave, par une vision sectaire à mille lieues du message chrétien.
Les travaux historiques novateurs de le seconde moitié du XXe siècle ont donné au catharisme sa plénitude. Cette assise confirme le catharisme dans sa position de grand mouvement chrétien renaissant de ce milieu du Moyen Âge.
Et pourtant, quelques tentatives de marginalisation ont cherché à le remettre en cause, en s’appuyant sur le caractère peu scientifique des travaux des premiers « catharisants » et, plus récemment, via une présentation universitaire qui cherchait à « déconstruire » les vérités historiques pourtant solidement étayées.
Dans le même temps, des intérêts mercantiles ont cherché à circonscrire le catharisme à une dimension régionale et à un aspect de curiosité socio-culturelle.
Mais l’intérêt éveillé par ces manœuvres strictement commerciales a dépassé ses auteurs et a suscité un désir d’approfondissement de la connaissance culturelle et religieuse du catharisme.
C’est pourquoi on voit désormais apparaître un désir de contention, voire de rejet, de la réalité historique d’une part et de la réalité religieuse d’autre part. En effet, ces deux réalités sont quasi insupportables pour ceux qui aujourd’hui sont les descendants génétiquement conformes des croisés et des chrétiens de Rome qui ont tué la culture et la religion de paix qui étaient l’âme de la région.
Mais, ni la « déconstruction » de la réalité historique, ni les ridicules tentatives de dénigrement des sources profondes de la religion cathare et de ses motivations non violentes, ne peuvent cacher la vérité à celles et ceux qui veulent se donner la peine de les explorer.
Là où l’histoire a rempli son rôle, il reste à la philosophie et à la théologie à remplir le leur.
Approfondir le christianisme authentique via son implantation la mieux connue
Le catharisme est avant tout une philosophie religieuse qui se veut totalement en harmonie avec sa référence, le Christ.
Certes, il est probable que le catharisme ne fut pas le mouvement chrétien authentique le plus massif de l’histoire du christianisme. Le marcionisme semble avoir mobilisé plus de monde sur une période plus longue. Mais il est le mouvement chrétien authentique qui nous a laissé le plus de documentation directe ou indirecte.
En outre, les documents accessibles ont subi des modifications qu’il est malgré tout assez aisé de repérer et de corriger, contrairement aux textes des chrétiens des premiers siècles dont on a du mal, souvent, à retrouver le sens original. Encore faut-il noter que des travaux de qualité se sont attachés à cette mission avec un certain succès.
Mais, faire émerger la pensée cathare depuis les sources existantes et sur la base de réflexions portant sur les mêmes problématiques est un lourd travail.
En effet, au-delà de l’intérêt historique et philosophique qu’il y a à chercher à comprendre comment ces hommes et ces femmes du Moyen Âge avaient organisé leur communauté, il va falloir aussi adapter cette philosophie de vie aux grands changements qui sont intervenus en cinq siècles et qui ne peuvent être passés sous silence dans une religion a-dogmatique, donc adaptable.
Pour ce travail, il faut que des réseaux se mettent en place à partir de quelques sympathisants prêts à utiliser les ressources de la communication moderne pour pallier les défauts d’une collectivité éparse et sans structure.

