Yves Maris : revue de presse

12 août 2009 par Éric de Carcassonne

En fouillant un peu, il ne manque pas de textes dans la presse écrite ou sur le net relatant la perte de Yves pour la communauté humaine.

En voici quelques uns glânés ici ou là.

Le Petit Journal

« Dernier hommage à Yves Maris
Les obsèques de Yves Maris

L’église de Roquefixade était trop petite pour accueillir tous ceux qui voulaient assister, dans l’après-midi du samedi 1er août, aux obsèques d’Yves Maris, décédé à l’âge de cinquante neuf ans lors d’une opération chirurgicale. Yves Maris, maire de Roquefixade sans cesse réélu depuis vingt six ans, n’aura pas été seulement un homme d’action et un citoyen engagé au service de ses concitoyens, auquel les membres du Conseil Municipal de Roquefixade ont rendu un hommage ému, mais aussi un authentique philosophe, un chercheur reconnu qui avait soutenu une thèse de doctorat autour des écrits de l’apôtre Paul, un homme de dialogue qui avait organisé dans son village des joutes spirituelles auxquelles ont participé des représentants des diverses religions chrétiennes, un philosophe cathare qui vivait quotidiennement l’amour de son prochain en vis-à-vis du « pog » de Montségur. Au cours de la cérémonie célébrée par des représentants des cultes catholique et protestant, divers hommages ont été prononcés, chacun cherchant à rendre compte d’une facette de la riche personnalité de ce philosophe engagé dans la cité et trop tôt disparu. Homme exemplaire, Yves Maris aura marqué pour longtemps l’atmosphère de Roquefixade. »

AriègeNews

« Disparition d’Yves Maris, maire de Roquefixade

Depuis plusieurs mois on le savait malade…
Yves Maris est décédé mercredi en fin d’après-midi.
Maire de Roquefixade depuis 26 ans, écrivain, philosophe du catharisme, on en avait presque oublié son premier métier de chef d’entreprise.
En effet après de solides études à l’école supérieure de commerce de Toulouse il reprend l’entreprise textile familiale pendant plusieurs années.
A son retour du service militaire il fréquente l’Hestia (la maison) de Fanita de Pierrefeu à Montségur et l’univers aussi étrange que cosmopolite qui y gravite…c’est là qu’il est initié à la pensée des cathares et que le déclic se produit.

Sa longue silhouette sombre, ses lunettes rondes et son chapeau mou faisaient partie du paysage intellectuel du département.
Outre une importante activité littéraire, il symbolisait le renouveau cathare et organisait tous les étés dans son village des conférences très prisées, les fameuses «disputatio» de Roquefixade où l’on a pu rencontrer Mgr Marcel Perrier, ancien évêque de Pamiers ou le Pasteur du Mas d’Azil, Bernard Bordes, débattre avec le philosophe cathare Yves Maris et aborder la thématique «Dogmes et liberté de conscience dans les religions chrétiennes»
Sa maison de Roquefixade, «la bastide dels catars» était ouverte à tous «les pèlerins de la foi»
Les obsèques d’Yves Maris auront lieu demain, samedi 1er août, à 16h30 à Roquefixade.

Une pensée à ses enfants Marie-Olympe et Jean-Barthélémy.
»

La Gazette Ariégeoise du 7 au 14 août

Disparition > Yves Maris, homme aux multiples vies, héritier de la pensée cathare

Yves Maris aurait-il été amusé, indifférent ou tout simplement surpris de voir tant de «beau» monde saluer sa mémoire le jour de ses obsèques ? Une reconnaissance bien tardive pour un homme, qui n’a jamais craint d’affronter les regards, fussent-ils ironiques, sur le chemin qu’il avait choisi de suivre : celui du dénuement et de la pensée cathare.

Au demeurant, Yves Maris, disparu prématurément (59 ans) des suites d’une longue maladie, avait eu plusieurs vies et tâchait de les articuler à la lumière d’une foi et d’une spiritualité sincère.
Yves Maris était ariégeois et sa famille l’avait inscrit dans la lignée des industriels du pays d’Olmes. Car «Maris» avant d’être le nom d’un auteur était celui d’une entreprise d’ennoblissement implantée à Villeneuve d’Olmes. Après une formation commerciale (sup de co 74) il travaille dans l’entreprise familiale une dizaine d’années. Ensuite, il se sent «en décalage avec un monde affamé d’argent et une vision guerrière des affaires». Lui qui a, plus jeune, été «initié» à la pensée cathare à Montségur décide de reprendre un cursus universitaire et se lance courageusement dans des études de philosophie, qu’il conduira jusqu’à une thèse : «En quête de Paul».
Ensuite, l’usine fermée au début des années 1990, il se consacre à l’écriture et avoue «n’avoir fixé d’autre but à sa vie que de contribuer activement à réhabiliter et à faire refleurir la pensée des cathares du Moyen Age». D’ailleurs, ceux qui pénétraient dans sa demeure, à Roquefixade, se souviendront de son austérité et de sa noblesse. Une demeure qu’il avait voulu ouverte à tous les «pèlerins de la foi». Considéré en Ariège, autant le dire, comme un improbable illuminé, il avait cependant trouvé auprès de l’ancien évêque Mgr Perrier une écoute attentive et respectueuse. Sans doute que l’homme de prière et de consensus avait su percevoir la profondeur de sa foi autant que l’érudition de l’universitaire. D’ailleurs dès 2005, les deux
hommes se livraient à un exercice de réthorique : une controverse publique.
L’homme aux multiples vies fut aussi un politique. Très tôt maire de Roquefixade (1983), il se montre exigeant (d’aucuns diront intransigeants). Catégorié à droite, l’ancien businessman se lance dans des batailles électorales… même si elles sont perdues d’avance. En 2002, il s’oppose à Augustin Bonrepaux pour la députation. En 2003, il surprend tout le monde en invitant Jacques Godfrain, alors en piste pour les régionales, pour un entretien politique à Roquefixade. L’année suivante, il est candidat, sans succès, au siège de conseiller général du canton de Lavelanet. Plus récemment, en tant
que maire, il ferraillait contre la communauté de communes à laquelle il n’adhérait pas.
Yves Maris était un homme troublant de complexité. On ne verra plus sa silhouette vêtue de noir, ses lunettes rondes cerclées de métal, le catogan qui retenait les cheveux. Ses obsèques ont eu lieu à Roquefixade, samedi 1er août. Dans la très nombreuse foule venue lui rendre un dernier hommage, le nouveau préfet Billant qui lui a remis à titre posthume la médaille de la région, du département et de la commune, Marc Carballido au nom du président de la Région Midi-Pyrénées ainsi que de nombreux philosophes et croyants. La communauté «cathare» est aujourd’hui dans la peine. La Gazette adresse ses condoléances attristées à tous ceux que ce deuil affecte, au premier rang desquels sa famille et ses enfants.
Cécile Dupont

L’hommage de Marcel Perrier, ancien évêque de Pamiers

J’ai beaucoup dialogué avec Yves Maris, dans des rencontres personnelles, lors des « disputatio » sur la place de Roquefixade et par correspondance. Sans adhérer aux dogmes de l’Église Catholique, Yves Maris était très sensible aux valeurs de l’Évangile qu’elle propose. Dans sa recherche spirituelle, il est allé jusqu’à dire son admiration pour Jésus-Christ. Spécialiste des écrits de l’Apôtre Paul, il connaissait bien son message. Paul résumait tout en écrivant aux Ephésiens, 2.14 : « Christ notre paix » et à Timothée, 1.1. « Christ notre Espérance ». Croyez à ma proximité dans la peine et dans l’espérance. Et que la paix progresse par tous nos dialogues.

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