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Lecteur passionné des ouvrages d’Anne Brenon je trouve son dernier livre particulièrement réussi. Il devrait bien sûr, satisfaire les « novices » en catharisme qui y trouveront les tout derniers résultats de la recherche actuelle sur l’histoire et la religion cathares. Sur le plan historique tout y est : les débuts du catharisme et son développement en Occitanie, les croisades contre les albigeois, l’inquisition, Montségur, les derniers bastions cathares, la fin de Pierre Authié et des derniers parfaits. Sur le plan religieux on y retrouve sans surprise les rituels, les pratiques, la philosophie spécifique cathare qui ne pouvait donc qu’être persécutée par l’Eglise en place. |
Mais les « déjà initiés » à la spiritualité du catharisme (dont vous faites tous partie sur ce forum) devraient également y trouver leur compte. Ce n’est pas un énième livre consacré aux cathares. Il apporte vraiment un plus au lecteur car l’auteur n’a pas craint de parler, j’ose dire « à coeur ouvert », en sortant du cadre trop rigide de l’historien sans âme et sans passion. Et c’est bien sûr à cause de cet aspect que je vous en recommande vivement la lecture.
Le concept du livre s’articule autour d’un dialogue entre Anne Brenon et Jean Philippe de Tonnac, ce dernier jouant à la perfection son rôle de Candide en problématique cathare ; il pose, de manière qui semble désordonnée, des questions fort pertinentes, s’amusant à sauter du récit historique au phénomène religieux ! Anne Brenon répond, comme à brûle-pourpoint, avec bien sûr sa grande érudition mais aussi une compréhension du « phénomène » cathare que je ne lui connaissais pas. Le ton direct, le ton de la conversation a l’avantage de mettre en relief la spontanéité des réponses.
Par ailleurs, les dialogues échangés se déroulent sur les lieux mêmes où ont vécu les personnages, les acteurs médiévaux, ce qui rend les récits encore plus poignants.
Un dernier point rend ce livre fort agréable à lire, c’est que l’action se déroule sans chronologie, comme un film tourné selon l’inspiration de la réalisatrice.
D’ailleurs le livre est divisé en chapitres qui sont autant de hauts lieux historiques.
J’y ai trouvé pour ma part une analyse très fine et facilement abordable des différences entre les doctrines des premiers chrétiens, des cathares, des manichéens et des gnostiques avec leurs visions différentes du dualisme.
Je dois dire que j’ai lu ce livre d’une seule traite et j’y ai découvert quelques pépites :
« Les temps gothiques ne sont pas que violence et ténèbres. Ne noircissons pas totalement le tableau médiéval ».
« l’Occitanie médiévale a tout inventé avec la fin’amor. Poésie et amour dépassant le simple appétit charnel. Aime celui qui sait trouver ».
« La société occitane est naturellement tolérante…l’Eglise cathare même lorsqu’elle est en phase de devenir dominante ne montre aucun appétit à régir ce monde mauvais. »
J’ai aimé aussi le récit de la découverte des ossements ayant appartenu de façon quasi certaine à Jourdain du Mas. A ma prochaine visite du musée de Monségur, je ne manquerai pas d’aller saluer sa dépouille.
Mais je ne m’étends pas davantage…
En définitive, je dirais que je suis à 98% d’accord avec ses analyses, les 2% de désaccord ne sont que le fait de nos recherches spirituelles personnelles.
Elle est alter mondialiste, je le suis également mais je ne dis pas « un autre monde est possible », je sais qu’il existe.
Je reprends ici la phrase de Jean Philippe de Tonnac qui avoue en guise de conclusion : « les apôtres de la non violence ne sont pas légion, après tout ! La découverte en profondeur de ces bons hommes est d’autant plus précieuse. Je vous remercie de me les avoir fait mieux connaître et apprécier ».
Merci beaucoup madame Anne Brenon !
J’espère que vous serez nombreux à partager mon enthousiasme.
Huit cents ans exactement après le lancement par le pape de la croisade contre les Albigeois, sommes-nous enfin prêts à nous libérer des mythes et des préjugés concernant le phénomène cathare ?
Malgré les travaux novateurs de toute une génération d’historiens depuis une trentaine d’années, il semble bien que les » bons hommes » et les » bonnes femmes » soient encore l’objet des spéculations les plus fantaisistes : certains continuent d’entourer leur spiritualité d’un ésotérisme de mauvais aloi, d’autres de les traiter de fanatiques, tandis que les réalités de leur persécution restent toujours sous-évaluées.
C’est pourquoi il convenait de mener une » contre-enquête » sur cet événement qui a constitué un tournant majeur dans l’histoire de la France, de l’Eglise et de l’Europe.
Broché: 423 pages
Editeur : Albin Michel (15 mars 2008)
Collection : ESSAIS DOC.
ISBN-10: 2226186727
ISBN-13: 978-2226186720





