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Il y a bien longtemps déjà, Ruben m'avait conseillé cet ouvrage. Je me l'étais procuré et puis, devant l'immense tâche de lecture qui m'absorbait alors, je l'avais un peu laissé de côté.
Alors que je suis en train de le lire, je comprends à quel point cet ouvrage est important.
D'abord il propose une approche ethnographique, éthologique et aussi sociologique absolument inédite et révolutionnaire. En opposition avec les grands penseurs de notre époque, Girard nous propose une compréhension de l'Homme tout à fait inédite et pourtant extrêmement intelligente.
Dans bien des domaine nous comprenons que nous pensons l'Homme à l'envers de ce qu'il est. La volonté de séparer l'Homme de la religion qui s'est emparée des intellectuels les a poussé à cacher des évidences et à construire des châteaux de cartes idéologiques qui n'ont aucune consistance. Mais, encore fallait-il quelqu'un pour les démonter.
La religion a toujours été à la base de la socialisation de l'Homme ; elle est donc première avant toute organisation sociale et non seconde comme on a voulu nous le faire croire. Certes l'Homme a profité de sa structuration sociale pour développer son sens du religieux mais, s'il s'est organisé en société c'est en raison de la religion. Bien entendu, pas celle que nous connaissons mais une forme plus pure de toute construction complexe destinée à nous cacher le fond de notre être. En ramenant les comportements humains à deux concepts mimétiques : la mimésis d'appropriation et la mimésis d'antagonisme et leur résolution par le recours à la victime émissaire, il nous montre comment nous avons construit nos pensée religieuse et notre société avec ses habitudes (y compris le passage du végétarisme à l'«omnivorisme»).
Mais, tout cela est bel et bien bon — la connaissance étant toujours meilleure que l'ignorance — pour autant quel rapport avec le christianisme cathare ?
Et bien, si le judéo-christianisme s'inscrit totalement dans cette construction éthologique et sociologique, on voit que le catharisme s'y oppose aussi absolument. Cela démontre s'il était encore nécessaire de le faire à quel point les chrétiens de Paul aux cathares ont su identifier, même sans avoir recours à ces analyses, ce qui allait dans le sens de notre humanité et ce qui allait dans le sens de notre spiritualité.
Quand la religion organise la vie humaine dans le courant éthologique qui est dans sa nature animale, elle ne révèle rien d'autre que sa nature animale. Par contre, quand elle transcende la nature animale et met à jour une approche spirituelle qui forcément vient en contre-point de la première, elle révèle l'esprit caché dans l'animal.
Cela ne peut que conforter l'idée que je me fais de la totale division entre l'Homme et l'animal et l'impossibilité de la miscibilité de l'un dans l'autre. Dès qu'un esprit est présent dans la chair, l'animal laisse la place à l'humain qui est seul capable de transcender sa nature.
Il me semble intéressant d'en parler entre-nous car cela devrait permettre d'avancer de façon efficace et rapide sur pas mal de points qui nous bloquent parfois.
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Le bien est toujours vainqueur dans l'éternité
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Je suis en cours de lecture de ce livre vraiment très intéressant.
Rien à voir avec le catharisme mais tout en explicitant sa théorie il arrive à l'idée Cathare.
Il ne manque pas de dire qu'il faut lire les évangiles par le filtre du 8.44 de l'évangile de Jean.
"L'essentiel ici est la triple correspondance qui s'établit entre Satan, l'homicide originel et le mensonge." P.226
"Face au texte de Jean, les dangers d'une lecture mythique demeurent, certes, si on ne voit pas que Satan,
c'est le mécanisme fondateur lui-même, le principe de toute communauté humaine." p.228
C'est aussi les raisons qui font que j'ai de forts doutes sur la pentecôte, qui de fait reproduit les rites que le Christs est venu annuler.
car Jean décrit le souffle et l'Esprit Saint remis à des apôtres et surement à d'autres avant que le Christ remonte.
1 Cor.8-1,2 "la connaissance enfle, mais l'amour édifie.Si quelqu'un pense connaître quelque chose, il ne connaît pas encore comme il faut connaître ; mais celui qui aime Dieu est connu de lui"
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Si vous voulez voir René Girard c'est là : http://www.dailymotion.com/tag/mim%C3%A9tique
Dommage qu'il n'ai pas vu le catharisme car il aurait vu que des Hommes et des Femmes avaient bien compris le message
du Christ il y a 1000 ans et que partout il y a des personnes qui s'y attachent aujourd'hui.
1 Cor.8-1,2 "la connaissance enfle, mais l'amour édifie.Si quelqu'un pense connaître quelque chose, il ne connaît pas encore comme il faut connaître ; mais celui qui aime Dieu est connu de lui"
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Quand on voit les efforts qu'il déploie pour tenter de faire coIncider le judéo-christianisme avec sa théorie, on ne peut qu'être compatissant.
Tout le bien qu'il dit de Simone Weil fait regretter qu'il n'ai pas poussé plus loin sa curiosité.
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Et bien voilà, c'est fini. Autant dire que j'aurai besoin de me replonger régulièrement dans cet ouvrage (largement annoté de ma part) pour en saisir toutes les nuances, à supposer que cela soit à ma portée.
La lecture n'en est pas forcément aisée, mais — même si vous devez le lire par bribes sur de longues périodes — je ne peux que vous encourager à le faire.
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Pour vous aider à sauter le pas de cette lecture je vous ai ajouté le sommaire intégral à l'article de présentation.
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Sans aucune prétention, ni à la qualité de mon travail, ni à ce qu'il peut éventuellement apporter à chacun, j'ai commencé un travail de "simplification" du texte de ce livre afin que les plus réfractaires à la philosophie et à l'ethnologie puissent quand même accéder aux éléments essentiels de son contenu.
Il ne s'agit pas d'une référence mais de ma lecture, avec toutes ses imperfections et je vous demande donc beaucoup d'indulgence.
D'ailleurs, celles et ceux qui voudraient apporter leur vision différente peuvent le faire ici.
J'en suis pour l'instant à ce niveau : Livre I, chapitre 1, sous chapitres A, B, C et D.
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Voilà, j'ai fini la présentation du premier chapitre et j'ai mis en ligne le début de l'analyse du deuxième (A et B).
JE rappelle que ce n'est qu'un pâle reflet du contenu réel et que le mieux est de lire l'ouvrage. Mais si vous ne vous en sentez pas la force, j'espère que mon travail vous donnera quelques éléments de compréhension.
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LE chapitre 2 est terminé et devrait en intéresser plus d'un. Le chapitre 3 sera très intéressant aussi. À suivre...
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Voilà le chapitre 3 dont je vous propose une présentation simplifiée.
Je rappelle qu'il s'agit d'une sorte de note de lecture destinée à celles et ceux que le langage philosophique, ethnologique et psychanalytique peuvent rebuter.
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Et hop, le chapitre 4 est désormais présenté en lecture simplifiée pour ceux que le texte original rebute.
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Voici le dernier chapitre du Livre I de cette œuvre magistrale.
Je me repose un peu et on s'attaque à l'écriture judéo-chrétienne. Tiens, Girard aussi considère le christianisme officiel comme un syncrétisme ?
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Je me suis permis d'ajouter quelques unes de mes notes de lecture concernant les cathares afin d'illustrer le propos de Girard.
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Comme ce chapitre sur la lecture non sacrificielle est un peu long, j'en publie une première moitié (des paragraphes A à D inclus). La suite au prochain numéro.
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Voilà, tout le chapitre est désormais disponible. Bonne lecture.
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Je vous ai mis à disposition mes notes de lecture du troisième chapitre.
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L'ensemble de ces notes permet d'avoir une vue globale sur l'approche révolutionnaire de René Girard en matière d'anthropologie.
La logique simple et la cohérence de la théorie du conflit mimétique et sa résolution par le biais de la victime émissaire donne une lecture claire des constructions religieuses qui ont permis à l'humanité de se construire et qui sont toujours d'actualité dans notre société athée car les détracteurs de la religion ne sont pas capables d'échapper à son schéma sacrificiel.
Mais ce qui nous intéressera encore davantage c'est ce qui se dessine en creux dans cette étude. En effet, certaines religions ne suivent pas ce mode de fonctionnement. Au contraire elles se trouvent en porte-à-faux avec ses concepts. Au premier rang de ces religions nous observons le christianisme cathare qui voit dans la mort de Jésus une dénonciation du système sacrificiel et dans la non-violence mise en exergue, une approche qui s'affranchit de la violence mimétique.
Or, si l'humanité s'est construite en créant et en organisant un système religieux d'un type donné, il est cohérent de penser qu'aucune divinité transcendante n'y a part.
Inversement, si une religion se développe à l'opposé de ce qui fait l'humain, il y a fort à penser qu'elle s'appuie sur un message venu d'un niveau de pensée largement plus élevé.
À chacun ensuite d'analyser cela avec ses propres conceptions.
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"Or, si l'humanité s'est construite en créant et en organisant un système religieux d'un type donné, il est cohérent de penser qu'aucune divinité transcendante n'y a part.
Inversement, si une religion se développe à l'opposé de ce qui fait l'humain, il y a fort à penser qu'elle s'appuie sur un message venu d'un niveau de pensée largement plus élevé.
À chacun ensuite d'analyser cela avec ses propres conceptions." écrit Guilhem.
Je ne suis pas ,loin s'en faut,un amateur de ce type d'écrit,il n'en ai pas moins vrai,que celui-ci me perturbe,me bouleverse et m'interroge...
Des choses cachées......oui,et combien d'autres encore,qui se dévoileront à nous un jour peut-être,ou..pas.
Merci à toi ,Guilhem,de nous avoir permis de prendre connaissance de ces textes révélateurs,et surtout de nous interroger sur notre façon d'être en ce monde.
Je pense surtout à le version simplifiée puisque le texte brut me parait rébarbatif.
J'en ai fini avec ce travail. La suite du livre n'est pas nécessaire à la compréhension globale du message.
Le chapitre IV désormais entièrement disponible est essentiel. Vous y trouverez, outre l'excellente analyse de l'importance de Jean, celle de l'importance de la connaissance issue de l'amour par opposition à la connaissance issue de la lecture sacrificielle.
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Ce livre invite à relire le chapitre IV de la Genèse, qui traite de Caïn et d'Abel. Ce récit est plus ambigu encore que ne le dit René Girard.
Le dieu de ce récit, nommé Yhwh, prétend être "juste" et René Girard le loue d'avoir condamné le meurtre. Sa justice laisse pourtant à désirer.
Examinons ce récit. Ève donne naissance à Caïn en disant : "Possedi hominem per Deum (Yhwh)." ("J'ai possédé un homme ou l'Homme par le dieu Yhwh", "Caïn" peut signifier "J'ai possédé" en hébreu, mais aussi "j'ai formé", "j'ai créé".) Rien n'est rapporté au sujet d'Abel, mais son nom signifie "Vanité, vapeur". Caïn est donc en principe l'élu du dieu, Abel n'en étant qu'une ombre.
Conformément à ce brillant début, Caïn travaille la terre (et plus loin, on le verra engendrer le premier fondateur de ville, Hénoch, et le premier forgeron, Tubal-Caïn). Il est donc civilisateur et met en œuvre les paroles du dieu créateur qui a précédemment maudit l'être humain (Adam) et l'a condamné au travail de la terre. Au contraire, Abel reste en dehors de tout cela : il se fait berger de moutons et vit sans travailler la terre mais en tuant des animaux.
On s'attendrait à ce que le dieu créateur "juste" agrée l'offrande des produits du sol et désapprouve Abel. Or il fait le contraire. Il agrée l'offrande sanglante d'Abel. Caïn est évidemment horrifié de tant d'injustice, mais il n'ose rien dire et se contente de montrer un "visage abattu". De façon incompréhensible, le dieu créateur demande à Caïn pourquoi il est contrarié (il ne sonde donc pas le cœur et les reins ?) et il se loue d'être juste et de rétribuer celui qui fait le bien...
Alors, excédé par ce dieu "juste", Caïn fait le bien tel que le conçoit le créateur : il devient un criminel. Comme il n'exploite que le sol, pour verser le sang, il tue Abel, le rebelle sauvage et insignifiant, qui vit à l'écart des villes et des meilleures terres avec ses troupeaux.
Contrairement à ce que dit Girard, le dieu créateur se montre ensuite ambivalent. Il demande à Caïn : "Où est ton frère ?" Au meurtre, l'homme ajoute alors le mensonge : "Je l'ignore." Certes, ce dieu maudit Caïn, mais pour le punir, il lui interdit de cultiver la terre et le condamne à errer sur la terre. Caïn comprend qu'il n'a toujours pas fait ce que l'on attendait de lui. Il est désespéré et craint la vengeance des autres hommes (sans doute les enfants d'Abel). Et là, le dieu "juste" le rassure : il sera protégé par son signe, qui interdit à quiconque de le tuer en représailles du meurtre d'Abel.
Le récit continue (ou plutôt un ancien récit reprend) avec la descendance de Caïn, et la création de la ville, des habitations (tentes), du travail des métaux, de la musique... Contrairement à la "malédiction" (ajoutée plus tard), Caïn n'est pas errant mais s'installe à l'est d’Éden. Dans cette civilisation protégée par le dieu "juste", la vengeance devient une politique dont on est fier. Caïn est vengé sept fois, mais Lamech, son descendant, septante-sept fois.
Dans le texte reçu actuel, on peut se demander si le crime de Caïn n'est pas surtout de ne pas avoir assumé son crime et de ne pas en avoir fait un sacrifice au dieu "juste". De plus, on peut penser que la malédiction de Caïn est un ajout à un récit au départ où Caïn était le protégé du dieu créateur amateur de sacrifice sanglant.