« Au terme de sept cent ans, le laurier reverdira »
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Je viens de publier un sujet sur l'histoire des bogomiles.
J'espère qu'il ne contient pas trop d'erreurs et qu'il sera l'occasion de bonnes discussions.
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Si tu permets j'ouvre le débat,
"La cohabitation des bogomiles avec d’autres religions soit identiques, soit partageant certains points de vue confirme d’une part la non miscibilité de ces religions (bogomiles, manichéens et pauliniens) et l’absence d’ascendance entre bogomilisme et catharisme."
là, Guilhem, tu t'avances beaucoup! Ce sont toujours "nos historiens" qui ne veulent pas voir de filiation entre premiers chrétiens, néo manichéens, bogomiles et cathares. Pourtant tous ces courants de pensée sont trop proches pour ne pas avoir de lien de parenté.
Ce n'est pas une erreur de l'affirmer pas plus que d'affirmer le contraire.
mais si "on" admet une certaine parenté, "on" est obligé de ne pas jeter aux orties tous les travaux de Déodat Roché sur le catharisme et le maichéisme. Et ça ce n'est pas encore au goût du jour. La le catharisme médiéval a surgi miraculeusement en Europe
fausse manip... je continue!!
Je disais donc :
La vérité du moment c'est que le catharisme médiéval a surgi en même temps de quelques coins d'Europe et a été maté plus ou moins rapidement selon la vitalité du mouvement et la férocité de la répression!
Moi personnellement j'ai du mal à y croire! J'y crois d'autant moins que les Bonshommes qui ne mentaient jamais affirmaient que leur Foi se transmettait par le baptême de l'Esprit de Bonshommes en Bonhommes depuis les Apôtres!
La discussion est ouverte.
Il ne faut pas confondre continuité des idée et ascendance.
À son origine le christianisme véhicule un certain nombre d'idées qui s'inscrivent dans un courant de pensée forcément influencé par plusieurs philosophies et religions antérieures (zoroastrisme, platonisme, etc.) et en rencontre d'autres dont le gnosticisme.
Ces courants de pensée cohabitent un temps puis se séparent sur les idées et finissent par se séparer formellement quand les antagonismes sont trop fort pour maintenir un semblant de cohésion (marcionisme, manichéisme, etc.).
Les idées, elles, ne meurent pas. Elles persistent sous formes larvaire jusqu'à ce que l'air du temps leur soit favorable.
L'approche de l'an mil entre dans cette catégorie d'événements. L'espoir de la seconde parousie pousse les croyants à réfléchir plus intensément qu'ils ne l'ont fait depuis cinq siècles de chape de plomb et "d'abrutissement" d'un christianisme abâtardi par ses manigances séculières.
L'affaiblissement de l'autorité morale du christianisme fait pousser des ailes à ceux qui veulent revenir aux fondamentaux et qui remettent au goût du jour des conceptions endormies mais jamais mortes.
Les bogomiles sont les premiers mais, leurs choix ne sont pas totalement superposables à ceux d'autres chrétiens qui, partout en Europe vont faire leurs propres choix qui eux seront cohérents entre eux.
C'est pour cela que je sépare le bogomilisme du catharisme.
Quant à l'évocation de la continuité apostolique, elle est classique pour tout mouvement qui veut se doter d'une légitimité rapide.
Les premiers chrétiens ont fait de même avec le judaïsme pour exister face aux païens de l'époque.
Cette continuité apostolique n'a aucun sens et surtout aucune validité dans le message chrétien.
Dans un monde matériel dominé par le mal quelle peut bien être la validité d'un lien charnel entre des être humains alors que le lien évident est fourni par l'esprit-Saint ?
Bélibaste l'avait compris, lui qui affirmait sur la fin que le statut de bon chrétien pouvait se passer d'un consolament donné par un autre bonhomme (ce qui rompt la continuité apostolique) car l'Esprit-Saint emplit celui qui est en état de le recevoir. C'est la suprématie de l'Esprit sur la matière.
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Guilhem a écrit:
je sépare le bogomilisme du catharisme.
Si je suis d’accord avec toi pour le reste, ici je ne le suis pas. Je pense que c’est à tord. Rien à ma connaissance ne peut séparer cathares et bogomiles. Ils sont la même chose mais affublés de sobriquets différents. J’en veux pour preuve le fameux épisode du concile de Saint Félix de Lauragais. Les Églises cathares occitanes, plus jeunes, nouvellement formées en fait, sont allées demander l’imposition des mains d’un évêque « bogomile », parce qu’il était l’émissaire de la plus vielle Église connue de l’époque. Et comme je l’ai déjà expliqué, il ne faut surtout pas perdre de vue que la reconnaissance est à double mouvement. Il n’y a pas vraiment de soumission des unes à l’autre. Ils se reconnaissent tous deux comme partageant la même foi, le même Esprit.
Par ailleurs la concordance des rituels cathares et bogomiles atteste également l’unité qui reliait, ce que nous appelons aujourd’hui, cathares et bogomiles, mais eux-mêmes ne se désignaient pas autrement que sous le nom de chrétiens, « vrais », « bons » et probablement « purs » également.
Je soupçonne très fortement que l’Église marcionite, c’est-à-dire l’héritière directe de Paul, ait survécu en Dragovitsie, à la répression féroce, d’une part de l’Église d’appareil de l’Empire romain et d’autres part de la conquête militaire de l’islam. Au carrefour pour ainsi dire de l’Empire romain d’orient et d’occident, de l’orthodoxie, du catholicisme et de l’islam. C’est dans ce no mans land des vallées perdues et encaissées des montagnes de la haute Grèce qu’a pu se maintenir clandestinement la survivance d’un christianisme premier.
Guilhem a écrit:
Quant à l'évocation de la continuité apostolique, elle est classique pour tout mouvement qui veut se doter d'une légitimité rapide.
Les premiers chrétiens ont fait de même avec le judaïsme pour exister face aux païens de l'époque.
Cette continuité apostolique n'a aucun sens et surtout aucune validité dans le message chrétien. Dans un monde matériel dominé par le mal quelle peut bien être la validité d'un lien charnel entre des être humains alors que le lien évident est fourni par l'esprit-Saint ?
Bélibaste l'avait compris, lui qui affirmait sur la fin que le statut de bon chrétien pouvait se passer d'un consolament donné par un autre bonhomme (ce qui rompt la continuité apostolique) car l'Esprit-Saint emplit celui qui est en état de le recevoir. C'est la suprématie de l'Esprit sur la matière.
Tout à fait, la succession apostolique est une vanité, c’est d’en haut que descend l’Esprit Saint. Celui qui est né de l’Esprit, nous dit l’évangile de Jean, est comme le vent, on ne sait d’où il vient et où il va (Voir Jean 3 : 8).
L’imposition des mains ne fait qu’attester, reconnaître la présence de cet Esprit, par le plus ancien dans la foi. C’est dans cette reconnaissance que peut se situer une "succession apostolique". Le chrétien est, pour reprendre la parabole évangélique, un serviteur inutile. L'Esprit Saint se suffit à lui-même.
Dernière modification par Bernard de Lamothe (23-02-2008 08:34:54)
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Mes lectures sur le bogomilisme m'ont montré qu'il y avait quelques variantes qui pouvaient justifier de considérer ces deux mouvements comme parallèles mais non identiques.
Ces religions non dogmatiques ont, depuis longtemps - et même avant le christianisme - donné lieu à de multiples expressions plus ou moins chrétiennes et plus ou moins gnostiques.
Les variantes sont souvent assez fines et peuvent prêter à confusion.
Il faut que je m'y replonge pour dire les points qui m'avaient titillé à l'époque.
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Comme tu le dis, la pensée cathare est a-dogmatique. Les témoignages et les rituels en font foi, il n’y a pas de confession de foi dans le catharisme/bogomilisme. Par contre la confession de foi est l’axe majeur du judéo-christianisme, on juge le chrétien à sa croyance, alors que le catharisme/bogomilisme jauge le chrétien à sa manière de vivre.
Ça ne veut pas dire pour autant que les cathares/bogomiles sont sans opinions ou croyances, Ils en ont bien entendu mais ils n’en font pas une règle. La règle c’est l’état d’être, le comportement, exprimé par les impératifs évangéliques.
Le seul cas de schisme entre deux Églises patarines italiennes le prouvent éloquemment. Il n’a pas été le fruit de divergences dogmatiques mais repose juste sur l’indignité supposé d’un évêque qui aurait été surpris seul en compagnie avec une femme dans une pièce. Ce que la règle interdisait.
Les différentes écoles cathares, des plus absolues au plus mitigées étaient parfaitement en communion, leur divergence d’opinions, leur liberté d’expressions n’étaient pas un problème même si les réfutations étaient vives entre-eux. Il suffit de lire les réfutations de Jean de Luigio sur les mitigés pour en prendre tout la mesure. Mais cela n’empêchait nullement qu’ils se reconnaissaient comme vrais chrétiens parce qu’il suivait la même règle, la même foi.
C’est pourquoi les différences, normales et naturelles, entre courants de réflexions cathares existent, même si sur le fond elles s’accordent parfaitement. Il ne faut donc pas interpréter cette liberté de gloser la foi, comme des différences fondamentales.
Dans les faits, au-delà de leurs divergences d’opinions, ils étaient parfaitement en communion. Les melhiorer et impositions des mains, d’une Église à une autre l’atteste.
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